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7 mars 2013

XVIIe siècle : LES ERMITES

Après 40 ans de guerres civiles et religieuses, (après notamment les violences provoquées par la présence à Agen de la Reine Margot, en rébellion contre son mari, le futur Henri IV), le XVIIème siècle s’ouvrit dans la paix et les Agenais formèrent le projet de restaurer l’Ermitage St Vincent : il était alors en ruine et livré "tant aux ronces qu’au libertinage". Le projet devait aboutir en 1612, lorsque les consuls firent venir un jeune homme de grande renommée ascétique : Eymeric Roudilh.

Ce dernier vécu seul à l’Ermitage 10 années durant, avant d’être rejoint par 2, puis 4 compagnons. Le petit groupe d’ermites vivait sous la dépendance de l’Evêque d’Agen qui, en 1674, codifia leur genre de vie en une Règle monastique.

Ce texte nous les présente : vêtus d’un pauvre habit de laine noire ; partageant leur temps de 4 h du matin à 21 h entre la prière et le travail manuel ; vivant d’aumônes et des fruits de leur jardin et mettant tout en commun et surtout "amateurs du silence".
Ils firent à l’Ermitage des travaux considérables : aménageant des 6 grottes dans la falaise à l’est des bâtiments, restauration du cloître, construction d’un mur d’enceinte, de chambres extérieurs au rocher et d’un clocher.

Les ermites vécurent ainsi paisiblement jusqu’à la Révolution. Ils furent alors chassés et l’Ermitage fut vendu comme bien national.

Eymeric Roudilh à Agen

Eymeric Roudilh était déjà ermite près de Cahors lorsqu’il fut appelé à l’Ermitage. Son premier soucis fut de dégager la chapelle St Vincent, ainsi que l’accès aux grottes voisines.

Après un temps de rejet et même de persécutions, il gagna la sympathie des Agenais en déployant à leur encontre une inlassable charité : il partageait son pain avec les pauvres, soignait les lépreux, appelait à la conversion ceux qui s’attardaient dans les cabarets, accueillait dévots et repentis, enfin suscitait les conversions et faisait des miracles (on raconte ainsi une pêche miraculeuse dans la Garonne...).

Sa renommée attira la Reine Anne d’Autriche à gravir à pied le chemin du coteau un soir d’août 1621, pour venir s’entretenir avec lui et demander ses prières.

Un témoignage relatant la peste de 1628-1631, qui fut accompagnée de famine et d’hivers très rigoureux, le décrit ainsi : "Cet homme admirable accourait tous les jours auprès des plus délaissés, les consolant, leur prodiguant des soins, s’exposant cent fois à mourir et n’y prenant pas garde...".

L’influence d’Eymeric Roudilh était telle qu’il put, avec les Capucins, s’interposer, sur les barricades, un crucifix à la main, entre les deux parties de la population, lors de la révolte populaire qui ensanglanta Agen en 1635.

Beaucoup enfin, dirent lui devoir leur vocation.
A sa mort en 1649, une foule immense vint assister à ses obsèques. Il laissa une remarquable réputation de sainteté.