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7 mars 2013

XIXe siècle : LES CARMES

1846 : Les religieux Carmes sont revenus en France depuis seulement 5 ans. Arrivant d’Espagne, ils se sont installés au Broussey près de Bordeaux et déjà, ils cherchent à fonder un Collège de Philosophie et de Théologie pour les jeunes religieux qui se préparent au sacerdoce.

C’est alors que la propriété de l’Ermitage leur est offerte providentiellement grâce à un officier de Marine à la retraite, Joseph Lalanne qui pour tout paiement, demande aux moines de pouvoir finir ses jours parmi eux. Les religieux de Bordeaux s’installent donc ici et aménagent la maison dans l’enthousiasme. Les épreuves ne manquent pas, la pauvreté est rude, mais l’Ermitage devient en peu de temps un lieu spirituel très fréquenté.

Parmi les étudiants Carmes qui firent leurs études ici, il importe de s’attarder un peu sur la figure d’Hermann Cohen.

Hermann Cohen naquit à Hambourg en 1820 dans une famille juive aisée. Pianiste de grand renom, élève et ami de Litz, il se laissa griser par la vie mondaine jusqu’au jour où, remplaçant le titulaire de l’orgue pour une cérémonie chrétienne, il fut bouleversé par la grâce et demanda le baptême. En 1849, il entra chez les Crames au Broussey, où il prit le nom de Frère Augustin du Saint Sacrement, et arriva à l’Ermitage l’année suivante pour y faire sa Philosophie.

Le Prieur sut mettre ses talents à profit : "Mon cher frère, chaque matin durant 40 jours, vous vous retirerez dans une des grottes du rocher, où j’ai fait placer un piano, afin d’y composer 40 cantiques en l’honneur du Saint Sacrement". Et frère Augustin composa...

C’est à l’Ermitage également qu’Hermann Cohen fut ordonné prêtre. Sa présence contribua considérablement au rayonnement de ce couvent : on montait en foule aux offices, dont il dirigeait la musique et les chants, on se pressait pour entendre sa prédication, à l’Ermitage où, plus rarement, en ville (à la Cathédrale notamment).

...Tant et si bien qu’il fallut songer à la construction d’une grande église... Les travaux furent rapidement entrepris et la 1ère pierre fut bénite dès 1855. L’église fut élevée "en forme de croix latine, dans le style ogival", sur le projet des architectes Payen et Bourrières, et dédiée à l’Immaculée Conception, dont le dogme venait d’être proclamé en 1854.

La flèche ne fut achevée que 10 ans plus tard. Le clocher renfermait à l’époque 2 cloches, nommées Marie (FA#) et Joséphine (LA). La grande statue de la Vierge, en cuivre doré, mesure 2 m 80. Dominant la plaine de l’Agenais, la Vierge, comme à Lourdes, ouvre maternellement les bras en signe d’accueil.

L’inauguration du clocher, le 14 Avril 1864, fut un évènement grandiose pour la ville d’Agen. Au terme de ce discours en chair, le prédicateur lança ces mots : "Ville d’Agen ! Tourne souvent tes yeux du côté de cette église, comme le marin vers l’étoile polaire...".

La cérémonie fut suivie d’un mémorable feu d’artifice qui illumina l’église et le coteau.

Cependant après quelques 35 années de rayonnement, les Carmes sont expulsés en 1880.